Collines et urbanisme : harmonie en danger


C’est un vrai bonheur d’habiter dans une région, le pays des Collines, classée comme parc naturel. « Un Parc naturel est un territoire rural, d’un haut intérêt biologique et géographique, (…) soumis à des mesures destinées à en protéger le milieu, en harmonie avec les aspirations de la population et le développement économique et social du territoire concerné. » nous dit le décret de 1985. Une Commission de gestion est chargée de remettre des avis sur certains permis d’urbanisme.
C’est là que ressurgissent des questions, à la lumière d’une balade ce jour dans nos beaux reliefs ensoleillés.  Toutes sortes de nouvelles constructions, de tous les genres, avec des briques de toutes les couleurs, émergent comme autant de coups de poing dans le paysage. Aucune harmonie entre ces bâtisses modernes et les fermes et maisons typiques de l’endroit.
Le Parc naturel du pays des Collines a édité une brochure intitulée « Construire le paysage de demain« . Franchement, c’est mal parti. Et ce n’est pas la multiplication des terrains à bâtir, vu la précarisation progressive du secteur primaire sous pression de l’Europe, qui risque d’arranger les choses…
Puissent les prairies continuer à accueillir longtemps vaches, ânes, chevaux, moutons. Et les champs, du blé, maïs, colza, des pommes de terre, betteraves… bio si possible. Avec nos haies de charme, des saules et vergers à pertes de vue. Et sans affreux champignons de blocs et de briques avec deux voire trois garages pour les bagnoles. Conserver la biodiversité a un prix.
Respect pour les propriétaires qui rénovent d’anciennes bâtisses en préservant l’esprit du lieu. Heureusement qu’il en reste. Mais pour combien de temps ?

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Le bâtonnier et les Cordier


J’ai souvent eu l’occasion de discuter avec des policiers de tout le mal qu’ils pensent des séries, genre Les Experts. Simplismes, erreurs de procédures, la solution à bout de clic, j’en passe et des meilleures.
J’imaginais le même genre de réaction du côté des acteurs de la Justice. Confirmation avec l’interview de l’emblématique bâtonnier du Barreau de Tournai, Maître Jean-Philippe Rivière, au Groupe Sud Presse le 2 janvier dernier :
« (…) ce qui me hérisse au plus haut point, ce sont les séries télé policières belges et françaises qui ne respectent pas les principes élémentaires de la justice, qui faussent la réalité, l’image de la justice ! Et la série la plus folle parmi toutes ces séries a été Les Cordier, juge et flic où l’on avait un père commissaire de police, qui rendait des comptes à son fils juge d’instruction et qui le soir discutait des enquêtes à la table familiale avec la soeur du juge qui était journaliste. Je ne comprends pas comment le CSA n’a jamais interdit ces séries. »
Dans la réalité, des policiers et magistrats ne parleraient donc pas aux journalistes « sous couvert » ? C’est nouveau, ça. Pas de quoi secouer l’âme du regretté Pierre Mondy. Ni de demander au Conseil supérieur de l’audiovisuel d’interdire des fictions, ce qui s’apparenterait à une forme de censure. Que tout bon avocat combattrait au nom de l’article 25 de notre Constitution.
Vous imaginez des séries policières « comme dans la vraie vie » ? Voire didactique ? Trente épisodes pour connaître le coupable. Insoutenable de lourdeur. A chacun son job. Laissons la fiction aux scénaristes, concédons-leur le… droit aux raccourcis. Aux esprits aiguisés de faire la part des choses.

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Agbo et le pays des 1000 (et 1) euros


Le Parquet de l’Union belge demande donc une amende de 1000 euros à l’encontre du KV Kortrijk, pour « jets de gobelets » et « attitude provocante« . Un bel euphémisme pour des faits de racisme évidents – des cris de singe – à l’encontre du joueur Nigérian du Standard, Uche Agbo.  Mille euros, dans un budget de 12,5 millions. Autant dire l’euro symbolique.
Symbolique de quoi ? D’une minorité d’individus galvanisés par l’effet de meute ?
On voudrait croire que cela ira au-delà de cette simple réponse. Mais non…
Le lendemain du match, le patron de la Pro League, Pierre François, avait dénoncé les faits, mais aussi avoué une certaine impuissance : « Nous sommes cependant un peu dépourvus au niveau des sanctions. On doit agir beaucoup en matière de prévention. Nous ne pouvons pas donner des sanctions sportives comme des retraits de points. On peut, en cas de récidive, mettre les clubs à l’amende ou ordonner des rencontres à huis clos qui font mal financièrement. »
Dépourvus au niveau des sanctions ? Bizarre. Le 19 février 2016, l’ assemblée générale de la Pro League a adopté un règlement interne sanctionnant ‘administrativement’ les clubs pour les incidents causés par leurs supporters pour atteinte à l’image de la Pro League et de ses clubs (amendes financières de 25.000 ou de 50.000 euros selon les cas).Faut-il en déduire que des faits à caractère racistes ne porteraient pas « atteinte à l’image de la Pro League » ? Joseph Allijns, président de Courtrai, est membre du conseil d’administration de la Pro League. Son club a pourtant voté pour ce règlement interne. Seuls Westerlo et… le Standard s’étaient abstenus.
Récidive ? En 2015 déjà, Christian Kabasele, alors joueur de Genk, avait aussi subi la bêtise humaine et xénophobe à Courtrai. Il l’a rappelé sur Twitter après Courtrai-Standard.

Kabasele

Un petit article

Puisque la Pro League se contente d’un coup de gueule sur l’air du « c’est pas bien« , voyons ce qui est prévu dans les textes du côté de l’Union belge. Le règlement fédéral comporte un – petit – article (B307) traitant de la « neutralité et de la non-discrimination ». Nous y lisons notamment : « Toute discrimination d’un pays, d’un individu ou d’un groupe de personnes pour des raisons d’ethnie, de sexe, de langue, de religion, de politique ou pour toute autre raison est expressément interdite, à peine de suspension ou de radiation. »

  • d’ethnie : les cris de singe entendus n’étaient pas une pub pour les primates du zoo d’Anvers…
  • de langue : « et les Wallons, c’est du caca!« . Ludique et taquin, selon le Comité exécutif de l’Union belge et son ancien boss, François De Keersmaecker. Son départ n’a rien changé dans ce domaine.

Les insultes courtraisiennes répondent à ces critères. Sanction proposée ? 1000 euros, Meneer, alstublieft.

Mais poursuivons la découverte de l’article B307.
« 3. Sous réserve des principes généraux de droit, des dispositions d’ordre public et des législations nationales, régionales et communautaires en la matière, il y a également lieu de tenir compte du règlement de la FIFA – Racisme (www.fifa.com). »
Oufti, admirez l’arsenal législatif de référence ! Allons donc voir au-delà des lois et décrets belges, ce que prône la FIFA :
« A des fins d’harmonisation internationale, les sanctions infligées aux clubs et aux équipes représentatives doivent en principe être prononcées selon une approche à deux niveaux :
• Pour une première infraction ou une infraction mineure, les sanctions que sont l’avertissement, l’amende et/ou le huis clos doivent être prononcées.
• Pour une récidive ou une infraction grave, les sanctions que sont la déduction de points, l’exclusion d’une compétition ou la relégation devraient être prononcées. »

Transposition au football belge ? C’est 1000 euros, Meneer alstublieft, pour « attitude provocante. »

La presse flamande précise que le Match Delegate n’a pas mentionné dans son rapport les cris racistes, mais seulement des « provocations et jets d’objets » envers Agbo.
C’est lamentable d’amateurisme, au minimum. Si l’on peut aujourd’hui poursuivre des joueurs sur base d’images de la télévision, pourquoi pas un club qui, depuis lors, n’a cessé de minimiser les faits ? Ce problème de rapport mal torché par le Match Delegate n’est pas nouveau. Rappelez-vous le match Saint-Trond-Charleroi, arrêté un temps pour jets de fumigènes. Interpellant.

Occasion manquée. Banalisation. Si la Belgique veut vraiment lutter contre le racisme dans les stades, elle en a les moyens. La volonté, c’est autre chose.
Ha oui, la victime de ces cris, Uche Agbo, prend un match de suspension supplémentaire et 400 euros d’amende pour son attitude suite à son exclusion. Il n’avait qu’à sortir du terrain tout de suite, même s’il trouvait sa deuxième carte jaune imméritée. Et surtout, il ne devait pas répondre aux cris de singes et jets de gobelets. Après tout, ça lui apprendra. Bienvenue en Belgique au XXIe siècle, Uche…

Agbo

 

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